Mamie Gambette s’en est allée un soir d’hiver
Juste en riant et en levant un dernier verre
Au boulevard des Batignolles et ses bourgeois
Qui courraient la jeunette et les amours sans joie
Le temps d’une courette et d’un lampadaire
Pour creuser les reins en traitant les cons de rois.
Mamie Gambette a couru les caniveaux
Voiles dehors pour survivre au ruisseau
Et garder le cœur au-dessus de la misère
Qui emporte toujours les gosses jusqu’à l’amer
Quand ils ont encore des rêves d’amiraux
Avant que l’esquif se fracasse sur des pierres
Mamie Gambette a levé plus d’une cuisse
Et a même inspiré quelques esquisses
Mais son cœur était toujours juché plus haut
Quand on la voyait Lautrec et qu’elle était Géricault
Madone aux seins gorgés du sang des héros
Qui tapissaient les murs de ses coulisses
Où elle gambadait pour trouver le repos
Mamie Gambette tapisse la mort d’un sourire
Qui fit rendre à ses amants les derniers soupirs
Et rendre cent culs en autant de vaincus
Qui posaient sur le sien quelques écus.
Eh mamie Gambette, ton âme inspire !
Nos sanglots et nos tristes vies d’ingénus
