vendredi 11 septembre 2026

Eva t'as vu ?


  

Eva, Eva où vas-tu ?

T’as pourtant toute ma vue

Et tu me tatoues tout nu

De tes regards ingénus

Eva, Eva m’as-tu vu ?

Vivre à ta peau qui se mue

En draps de lin retenus

Par tes deux poings si menus ?

Eva, Eva qu’a-tu lu ?

De mes mots sans retenue ?

Vois-tu l’autre bienvenue

Habiter mon cœur têtu ?

Eva, Eva je me rue

Même si toi tu me tues

Vers ta vie tout dévolu

Et ton jardin d’absolu

mercredi 26 août 2026

Danse en corps... S'il te plait !

 

Elle pourrait vivre mille vies

Mais pas ce qui m’importera

Jusqu’à me faire crever d’envie

Et qui demain m’emportera

Elle coucherait dans mille lits

Je lui tendrais encore mes bras

Car j’l’aime jusqu’à l’halali

Jusqu’à crever au fond des bois.

Je n’ai eu qu’une seule vie

Cramée d’un claquement de doigt

Et dans ses yeux pleins d’empathie

Je n’vois plus que le désarroi

Les colères et les insomnies

Et des sentiments de guingois.

Et le souvenir des fourmis

Qui nous façonnaient des émois

Qui nous faisaient construire un nid

Gracile et un peu maladroit.

 

Elle pourrait vivre mille vies

J’aurais encore peur pour elle

Princesse à la tour abolie

Et son destin à tire d’ailes


lundi 27 avril 2026

puisque tu pars...

 


Puisque l'ombre gagnePuisqu'il n'est pas de montagneAu-delà des vents, plus haute que les marches de l'oubliPuisqu'il faut apprendreÀ défaut de le comprendreÀ rêver nos désirs et vivre des "ainsi soit-il"
Et puisque tu pensesComme une intime évidenceQue parfois même tout donner n'est pas forcément suffirePuisque c'est ailleursQu'ira mieux battre ton cœurEt puisque nous t'aimons trop pour te retenirPuisque tu pars
Que les vents te mènent où d'autres âmes plus bellesSauront t'aimer mieux que nous puisqueL'on ne peut t'aimer plusQue la vie t'apprenneMais que tu restes le mêmeSi tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perduGarde cette chanceQue nous t'envions en silenceCette force de penser que le plus beau reste à venirEt loin de nos villesComme octobre l'est d'avrilSache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile
Sans drame, sans larmesPauvres et dérisoires armesParce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieurPuisque ta maisonAujourd'hui c'est l'horizonDans ton exil essaie d'apprendre à revenirMais pas trop tard

 

vendredi 6 mars 2026

Au bal des re(co)naissances

 

De toutes nos berges et de toutes nos gamberges

On cherche l’azur feuillé de roux dans l’automne

Moi j’ai croisé l’été, une nuit dans l’auberge

Moi qui écoutais le monde sur sonotone

J’avais le crépuscule au cœur de la déveine

Et son printemps me jetait des regards salaces

Et son printemps feuillé de roux bouillait mes veines

Pour donner du sens aux rencontres fugaces

Pourtant belle de rien, elle était belle d’un tout

Dans l’hiver où le livre délivre les diamants

Dans l’hiver où le bleu fait tomber tous les tabous

Elle tenait mon enfance entre ses doigts délicats

Comme si je m’en foutais de tous les aboiements

De tous les chiens qu’en toutes saisons nous charognent

Qui transforment les cieux d’azur en tempête

Pour foutre en l’air les âmes solaires qui grognent

Mais qui mèneront la danse au son des trompettes

Au bal des renaissances !