lundi 27 avril 2026

puisque tu pars...

 


Puisque l'ombre gagnePuisqu'il n'est pas de montagneAu-delà des vents, plus haute que les marches de l'oubliPuisqu'il faut apprendreÀ défaut de le comprendreÀ rêver nos désirs et vivre des "ainsi soit-il"
Et puisque tu pensesComme une intime évidenceQue parfois même tout donner n'est pas forcément suffirePuisque c'est ailleursQu'ira mieux battre ton cœurEt puisque nous t'aimons trop pour te retenirPuisque tu pars
Que les vents te mènent où d'autres âmes plus bellesSauront t'aimer mieux que nous puisqueL'on ne peut t'aimer plusQue la vie t'apprenneMais que tu restes le mêmeSi tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perduGarde cette chanceQue nous t'envions en silenceCette force de penser que le plus beau reste à venirEt loin de nos villesComme octobre l'est d'avrilSache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile
Sans drame, sans larmesPauvres et dérisoires armesParce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieurPuisque ta maisonAujourd'hui c'est l'horizonDans ton exil essaie d'apprendre à revenirMais pas trop tard

 

vendredi 6 mars 2026

Au bal des re(co)naissances

 

De toutes nos berges et de toutes nos gamberges

On cherche l’azur feuillé de roux dans l’automne

Moi j’ai croisé l’été, une nuit dans l’auberge

Moi qui écoutais le monde sur sonotone

J’avais le crépuscule au cœur de la déveine

Et son printemps me jetait des regards salaces

Et son printemps feuillé de roux bouillait mes veines

Pour donner du sens aux rencontres fugaces

Pourtant belle de rien, elle était belle d’un tout

Dans l’hiver où le livre délivre les diamants

Dans l’hiver où le bleu fait tomber tous les tabous

Elle tenait mon enfance entre ses doigts délicats

Comme si je m’en foutais de tous les aboiements

De tous les chiens qu’en toutes saisons nous charognent

Qui transforment les cieux d’azur en tempête

Pour foutre en l’air les âmes solaires qui grognent

Mais qui mèneront la danse au son des trompettes

Au bal des renaissances !